Un appareil portatif pour évaluer rapidement le degré d’une blessure à l’œil


Et alors, la concentration de vitamine C présente dans les couches du film lacrymal est différente de celle que l’on peut retrouver dans l’humeur aqueuse, ce liquide physiologique « se trouvant dans la chambre antérieure de l’œil et servant (entres autres) à réguler la pression à l’intérieur de celui-ci ».

C’est en partant de ce fait qu’une équipe du département de bioingénierie de l’Université de l’Illinois a eu l’idée de créer un capteur capable de mesurer la concentration en acide ascorbique (de la vitamine C) du liquide qui suinte lors d’une blessure à l’œil. Le principe est simple : si la concentration est élevée, cela signifie que la blessure est grave, car c’est l’intérieur de l’œil qui est affecté. En gros, l’équipe utilise une combinaison de graphène, d’électrodes en or et d’une enzyme, l’ascorbate oxydase, qui se lie à la vitamine C lorsque cette dernière est présente. Quand la vitamine C et l’enzyme se collent, cela change les propriétés électriques du capteur proportionnellement à la concentration de vitamine C.


Gros plan du capteur mis au point par l’équipe de l’Université de l’Illinois – Crédit photo : L. Brian Stauffer


Ce futur appareil serait très portatif, peu cher et pourrait être utilisé par du personnel médical peu spécialisé. L’objectif est de fournir un équipement qui permettrait de réduire considérablement le temps d’attente et la complexité d’un test oculaire pour déterminer la gravité d’une blessure à l’œil, notamment en cas de glaucome. De plus, l’ultra portabilité du capteur permettrait de rejoindre des populations éloignées souffrant d’un déficit d’ophtalmologistes, ou encore d’aider les équipes médicales sur les sites d’accidents.

Les premiers tests effectués avec 16 échantillons cliniques rapportent une précision supérieure à 80 %, une sensibilité supérieure à 88 % et une spécificité supérieure à 71 % dans la détection de la concentration de vitamine C. Le futur appareil déjà nommé OcuCheck est en cours de conception avec l’aide du Dr. Leanne Labriola, ophtalmologiste et d’un professeur en design industriel. Le professeur Dipanjan Pan de l’Université de l’Illinois et le Dr Labriola ont créé l’entreprise InnSight Technology afin de mettre le futur appareil sur le marché.

Les résultats de la recherche ont été publiés dans Scientific Reports du journal Nature.

Auteur :Jérémy Bouchez Hinnovic.org

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