Soigner sans nuire ? Vers un système de santé plus écologique



Ainsi, saviez vous que :


Les hôpitaux sont responsables de plus du tiers des émissions de CO2 (Chakravorty, 2010 : 8)?

Améliorer l’efficacité énergétique des hôpitaux de seulement 30% serait équivalent à éliminer de la circulation 2 millions de voitures (Hancock, 2003 : 238)?

L’incinération des déchets médicaux (produits plastiques, chimiques, radioactifs et pharmaceutiques) constitue la troisième source en importance d’émission de dioxine dans l’air et déverse 10% des émissions de mercure dans l’environnement, deux substances dont les effets néfastes sur la santé sont rigoureusement démontrés (Hancock, 2003 : 245)?

L’incidence de l’asthme reliée à l’occupation est 2,5 fois plus élevée chez les intervenants en santé que dans les autres types d’industries? On attribue ces résultats aux contacts quotidiens des intervenants avec des produits toxiques tels les agents nettoyants, les désinfectants et le latex (Pechter et al, 2005).

Par l’utilisation d’abondantes ressources plus ou moins toxiques et l’importante production de déchets qu’ils génèrent, les établissements de santé contribuent significativement à la détérioration de l’environnement. À son tour, la détérioration de l’environnement a un impact direct sur la santé de la population. Pensons à l’augmentation des cas d’asthme directement associée à la détérioration de la qualité de l’air, la propagation de maladies infectieuses facilitée par la contamination de l’eau et de la nourriture, l’association que nous connaissons entre certains types de cancer et des environnements nocifs, pour ne nommer que quelques exemples.


Health Care Without Harm aux États-Unis ou la Canadian Coalition for Green Healthcare au Canada ont été mises sur pied dans le but d’inciter les gouvernements et les établissements de santé à faire des choix écologiques, tout en soutenant leurs démarches. Les actions proposées incluent, notamment, une meilleure utilisation des ressources énergétiques, la diminution de la production de déchets, le développement d’une alternative à l’incinération et la construction de bâtiments verts.

Cependant, comme le rappelle le vice-président de Chem-Aqua Canada, Subroto Chakravorty (2010 : 8) : “(…) Being green often depends more on operations than on construction but above all it depends on the will of the people driving the change”. Selon Gary Baldwin, directeur éditorial du magazine Health Data Management, il semble que cette volonté soit souvent motivée par l’idée de réduire les coûts d’opération. Au-delà du fait que “soigner sans nuire” pourrait incarner une réelle conscience écologique, reste qu’une population en meilleure santé coûtera toujours moins cher au système que l’inverse.

Auteures :Myriam Hivon, Ph.D. Pauline Boinot, M.Sc.

RÉFÉRENCES


Baldwin G. (2009). How Green Was My Hospital. Health Data Management Magazine, Apr; 17(4): 82, 84, 86

Chakravorty S. (2010). Reducing Carbon Footprint depends on the Will of those Driving the Change. Canadian Journal of Green Healthcare, Automn 2010 : 8

Hancock T. (2003). Green Hospitals: The New Health Care Environmentalism. In Susan B. Frampton, Laura Gilpin & Patrick A. Charmel (eds). Putting Patients First: Designing and Practicing Patient-Centered Care. Jossey-Bass: San Francisco, 235-264

Pechter E., Davis LK., Tumpowsky C., Flattery J., Harrison R., Reinisch F., Reilly MJ., Rosenman KD., Schill DP., Valiante D., Filios M. (2005). Work-Related Asthma among Health Care Workers: Surveillance Data from California, Massachusetts, Michigan, and New Jersey, 1993–1997. American Journal of Industrial Medicine, 47: 265–275

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