Les interventions sur les inégalités sociales de santé : exemples québécois



Au Québec, plusieurs mesures tentent de contrer les inégalités sociales de santé. Elles sont axées soit sur le statut socioéconomique, sur les déterminants engendrés par le statut socio-économique, sur la prestation de services sociaux et des soins de santé aux populations défavorisées ou sur la protection du niveau socio-économique en cas de maladie ou de handicap.

Améliorer le statut socio-économique


Diminuer l’effet de la pauvreté sur la santé

Les interventions de la seconde catégorie cherchent à empêcher que la pauvreté n’ait des conséquences sanitaires néfastes. La fluoration de l’eau potable est un bon exemple. En diminuant significativement les taux de carie dentaire, la consommation d’eau fluorée réduit les écarts liés à la santé bucco-dentaire entre les riches et les pauvres. Elle compense en partie pour des différences liées à l’hygiène dentaire et à une moins grande fréquentation des services dentaires préventifs gratuits par les enfants de milieux défavorisés (Brodeur et al., 1998).


Les habitudes de vie telles que le tabagisme et l’alimentation doivent être prises en considération dans une stratégie de lutte contre la réduction des inégalités sociales de santé. Il faut prendre garde toutefois que des campagnes visant l’ensemble de la population augmentent les écarts de santé. Au Québec, les mesures contre le tabagisme ont prévu cet effet. Au prix des cigarettes et aux dispositions de la Loi sur le tabac, se greffe le Programme québécois de lutte contre le tabagisme 2006-2010 qui s’adresse particulièrement aux populations défavorisées. C’est aussi la raison pour laquelle les services des Centres antitabac sont gratuits.

Pour favoriser une saine alimentation, le Québec agit beaucoup dans l’environnement scolaire tandis que quelques communautés se sont dotées de cuisines collectives et de jardins communautaires.

Insalubres, encombrés et négligés, les logements peuvent être cause de maladie, d’incendies et de blessures (Smargiassi et al., 2004). Les habitations à loyer modique qui, en vertu de la Loi sur la Société d’habitation du Québec, permettent à des ménages à faible revenu de se loger pour 25 % de leur revenu sont, à cet égard, propices à la santé. Des dispositions législatives permettent également aux municipalités de garantir des conditions adéquates de logements.


Améliorer la prestation de services aux populations défavorisées

Même dans un système public gratuit, des services de qualité, plus accessibles et adaptés aux besoins des populations défavorisées sont la pierre angulaire des interventions qui cherchent à minimiser l’impact des inégalités sociales de santé, en aval. L’amélioration de l’accessibilité aux services de santé pour les personnes démunies passe par une offre de services adaptés. Les activités de « reaching out » qui sont offertes dans les milieux en sont des exemples.

Une répartition équitable du financement et des ressources en santé peut aussi servir à accroître l’offre de soins primaires dans les milieux défavorisés . La mise en place par les CSSS de réseaux intégrés de services (RIS) à l’intention des clientèles vulnérables est une initiative qui va en ce sens (Tousignant et al., 2005). L’approche populationnelle préconisée par l’actuelle réforme du système de la santé va dans la même direction.

Réduire l’effet de la maladie ou du handicap sur le niveau socio-économique


Dans la dernière décennie, le Québec a fait des progrès notables pour réduire l’écart de santé entre les plus riches et les plus démunis. Il en reste encore beaucoup à faire.

Résumé inspiré de :La réduction des inégalités sociales de santé In Frohlich, K, De Koninck, M, Bernard, P. & Demers, A. (Éds.) Les inégalités sociales de santé au Québec. Chapitre 16. PUM, Montréal, 2008.Auteures :Marie-France Raynault, M.D. et Julie Loslier, M.D.Adaptation :Danielle Massé Centre Léa-Roback

RÉFÉRENCES


Brodeur J.M. et al. (1998), Effets de l’abolition de la couverture des soins dentaires par la régie de l’Assurance-Maladie du Québec chez les enfants de plus de neufs ans en fonction des facteurs socio-économiques, Université de Montréal, www.santepub-mtl.ca

Smargiassi, A. et al. (2004), Localisation et ampleur des conditions d’habitation problématique à Montréal, Direction de santé publique de Montréal et Direction de l’habitation de la Ville de Montréal.

Tousignant, P. et al. (2005), Plan de monitorage interprétatif de l’impact des transformations des services de santé de première ligne sur la population montréalaise, Institut national de santé publique et Direction de santé publique de Montréal.

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