Environnement et santé, comprendre les liens



Ces événements, hautement médiatisés, ne sont pas spécifiques au Québec. Pensons à la canicule européenne de 2003 à laquelle on a attribué plusieurs milliers de décès. Pensons à l’accident nucléaire de Fukushima en 2011 dont on ne mesure pas encore totalement les conséquences sur la santé de la population.

Il n’y pas de doute, notre santé dépend aussi de l’environnement dans lequel nous évoluons. La qualité de l’air que nous respirons, de l’eau que nous consommons, et les produits auxquels nous sommes exposés ont un impact direct sur notre santé. Et c’est cet impact que les chercheurs en santé environnementale et les intervenants en santé publique tentent de mesurer, de contrôler et si nécessaire de réduire.

Alors que les dommages sanitaires reliés à l’environnement occupent une place grandissante dans les médias, on connait peu de choses au sujet du travail de recherche et d’intervention qui se fait pour documenter les liens entre l’environnement et la santé. Comment mesure-t-on les effets, sur l’organisme humain, de l’exposition à des contaminants? Comment détermine-t-on les niveaux de risques pour la santé? De quelle façon les changements climatiques affectent-ils notre santé? Quelles solutions innovantes déploie-t-on pour faire face ou prévenir des dommages sanitaires reliés à l’environnement? L’équipe de Hinnovic a voulu mieux comprendre ce vaste domaine qu’est la santé environnementale.

Des connaissances essentielles

Au cours des dernières décennies, le développement de laboratoires et de technologies de plus en plus sophistiqués a permis de caractériser un nombre considérable de produits et d’imaginer de quelles façons ceux-ci sont susceptibles d’interagir avec l’organisme. Ainsi, nous savons que des facteurs environnementaux peuvent modifier la façon dont les gènes s’expriment et que cette nouvelle expression peut se transmettre à la génération suivante (Genuis, 2012). Ceci n’est qu’un exemple de ce que la recherche en santé environnementale a permis de mettre en lumière. Pour en savoir davantage sur l’ampleur des possibles, nous vous invitons à écouter notre entrevue avec Sami Haddad, professeur au département de santé environnementale et santé au travail de l’Université de Montréal.

La recherche en santé environnementale a également permis d’établir des liens clairs entre certains facteurs environnementaux et des maladies comme les infections respiratoires, le cancer ou les maladies cardiovasculaires. À ce sujet, François Reeves, cardiologue et professeur au département de santé environnementale et santé au travail de l’Université de Montréal, fait une démonstration éloquente de l’impact de la qualité de l’air sur notre santé cardiovasculaire.


Des solutions innovantes

Si identifier les facteurs environnementaux susceptibles de nuire à la santé est essentiel, réduire ou prévenir les dommages sanitaires causés par l’environnement ne l’est pas moins. Or la tâche est complexe. Les actions possibles relèvent souvent davantage de politiques publiques que de prescriptions médicales. Elles s’inscrivent dans une vision à long terme des enjeux et impliquent de mobiliser de multiples acteurs provenant de disciplines et de secteurs d’activités variés. C’est exactement ce qu’ont réussi à faire nos collaborateurs sur ce dossier.

L’équipe de recherche de Katrina Korfmacher, du Centre médical de l’Université de Rochester, a développé en partenariat avec deux groupes communautaires, une façon originale et efficace d’enseigner à la population locale les moyens de réduire l’exposition environnementale à domicile. En effet, les logements de certains quartiers de Rochester (New York, U.S.) étaient aux prises avec d’importants problèmes de plomb qui affectaient la santé des résidents. Ils ont mis sur pied un musée, qui non seulement a sensibilisé la population aux dangers environnementaux, mais a aussi proposé des solutions accessibles pour les éliminer. Valerie Garrison et Katrina Korfmacher résume les résultats et les retombées de cette expérience.

Plus près de nous, le Centre d’écologie urbaine de Montréal, organisme à but non lucratif, travaille à mobiliser les citoyens autour de solutions innovantes pour contrer les effets néfastes sur la santé de la population, d’un modèle d’aménagement urbain axé sur le béton et la voiture. Dans l’entrevue qu’il nous a accordée, Mark Anto, directeur du développement stratégique, explique comment le verdissement et l’agriculture urbaine sont susceptibles d’améliorer ou à tout le moins de préserver la qualité de vie et la santé des citoyens face aux changements climatiques.

Bonne rentrée!

Auteure :Myriam Hivon, Ph.D.

Hinnovic.org


RÉFÉRENCES

Genuis, S.J. 2012. What’s out there making us sick? Journal of Environnemental and Public Health, Volume 2012, Article ID 605137, 10 pages.

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