Des initiatives à l’intersection des arts et de la santé



On peut mentionner à cet égard les expositions d’œuvres d’art visant à embellir les établissements de santé (Ex. : Fondation de l’art pour la guérison à Montréal), la présence d’artistes en résidence dans certains hôpitaux (Ex. : Manitoba Artists in Healthcare), le développement de programmes artistiques à des fins thérapeutiques ou de prévention adaptés à certaines clientèles, telles que les jeunes atteints d’un handicap (Ex. : Spiral Garden du Holland Bloorview Kids Rehabilitation Hospital à Toronto), les artistes souffrant d’une maladie mentale ou d’une dépendance (Ex. : Workman Arts Projects du Centre for Addiction and Mental Health de Toronto), les personnes vieillissantes (Ex. : Learning Elders Arts Program à l’Ïle-du-Prince-Édouard) ou vivant dans un établissement de soins prolongés (Ex. : Health Arts Society en Colombie-Britannique).

Des programmes de formation à l’intention des professionnels de la santé intégrant les arts et les sciences humaines à l’exercice de la médecine ont été créés, notamment à l’Université Dalhousie à Halifax en 1992 et à l’Université d’Alberta à Edmonton en 2006. Il convient aussi de souligner que l’Université Concordia à Montréal est devenue un leader mondial dans la formation en art-thérapie. Au plan de la santé publique, différentes formes artistiques ont aussi été mises à contribution. Les illustrations sur les paquets de cigarettes pour contrer le tabagisme et la troupe de théâtre Headlines Theatre de Vancouver, qui se promène dans diverses communautés pour engager des dialogues sur la consommation excessive d’alcool et de drogues, le suicide, la violence domestique ou le « street racing », en sont des exemples tangibles. C’est au Canada que le théâtre a été utilisé pour la première fois dans un contexte de développement de politiques publiques en santé, pour identifier les valeurs de la population, notamment au chapitre des technologies génétiques avec les pièces Orchids et

Dernièrement, les arts ont également émergé comme une méthode novatrice de recherche. S’ils ont d’abord été utilisés comme mode de représentation et de dissémination des connaissances, les arts sont maintenant employés à toutes les étapes du processus de recherche: comme un stimulant pour la collecte de données, comme outil d’intervention ou comme moyen de dissémination. Un large éventail de formes artistiques est utilisé par les chercheurs allant du chant, à la danse, au dessin, à la photographie, à la peinture, à la poésie, au théâtre, ou à une combinaison de ces formes.


Chaque forme artistique apporte une contribution qui lui est propre. Ainsi les arts visuels peuvent traverser la barrière des langues et de l’analphabétisme. Les arts performatifs, tel le théâtre, offrent un forum pour engager le public dans un dialogue sur des questions morales, sociales ou politiques. Les arts littéraires, comme la poésie, permettent de synthétiser l’expérience vécue, d’en donner l’accès au lecteur afin de le mettre en contact avec la dimension émotive de cette expérience.

Il serait intéressant de savoir ce que vous, lecteurs, pensez de ces modes de dissémination émergents faisant appel aux arts. Y voyez-vous un attrait ou doutez-vous de leur efficacité et de la pertinence de leur utilisation? Aimeriez-vous être informés par une méthode artistique des résultats d’une étude? Par quelle forme artistique préférablement ?

Auteure :Darquise Lafrenière, Ph.D. Chercheure Groupe de recherche en éthique des sciences "omiques" Département de médecine sociale et préventive Université de Montréal

RÉFÉRENCES


Cox, S.M., Lafrenière, D., Brett-McLean, P., Collie, K., Cooley, N., Dunbrack, J., Frager, G. (2010). Tipping the Iceberg? The State of Arts and Health in Canada. Arts & Health, 2(2), 109-124.


Lafrenière, D., Cox, SM (2010). Comparaison de deux méthodes de dissémination de résultats de recherche dans le domaine de la santé : les arts et le café scientifique. Sociologie et sociétés, 42(2), 121-142.


Mienczakowski, J. (2009). Pretending to Know: Ethnography, Artistry and Audience. Ethnography and Education, 4(3), 321-333.


Rootman, I., Ronson, B. (2005). Literacy and Health Research in Canada : Where Have We Been and Where Should We Go ? Canadian Journal of Public Health , 96(S2), 62-77

Hinnovic.org

7101, avenue du Parc 

Montréal (Québec) H3N 1X9

hinnovic@gmail.com

  • Facebook
  • Twitter