Hinnovic » Un dérivé de la chlorophylle pour « illuminer » nos intestins ?

Un dérivé de la chlorophylle pour « illuminer » nos intestins ?

Crédit : Ektogamat via Flickr.

Crédit : Ektogamat via Flickr.

Ingérer certains végétaux est bon pour notre santé. Indépendamment de leur valeur nutritive et des différentes vitamines ou composés organiques qu’ils renferment (comme les épinards par exemple), ils possèdent tous de la chlorophylle de type a qui leur confère cette couleur verte. Il existe d’ailleurs d’autres organismes que les plantes qui mettent en œuvre la photosynthèse. La chlorophylle de type a se transforme en phéophytine a quand on lui enlève son cation magnésium. La phéophytine a agit comme transporteur d’électrons dans le processus photosynthétique, mais une équipe de chercheurs a eu l’idée de l’utiliser comme agent contrastant en imagerie médicale, plus précisément en imagerie du tractus gastro-intestinal.

Les différentes techniques d’imagerie médicale appliquées au système gastro-intestinal possèdent plusieurs inconvénients. Ainsi, l’imagerie par rayons X, l’imagerie par résonnance magnétique ou l’échographie (ultrasons) posent des problèmes de sécurité, d’accessibilité et manquent également de contraste. L’équipe conjointe de chercheurs de l’Université de Buffalo et de l’Université du Wisconsin-Madison pense avoir réglé ces inconvénients en dissolvant de la phéophytine a. Le composé se retrouve alors sous forme de nanoparticules et peut mieux voyager et pénétrer dans le tractus gastro-intestinal. Les chercheurs ont utilisé cet agent contrastant sur des souris avec trois modes d’imagerie médicale : la tomographie photoacoustique, l’imagerie par fluorescence et la tomographie par émission de positons (ou positrons). Les résultats sont très encourageants.

L’équipe précise que d’autres études sont nécessaires afin de valider cette technique, mais elle souligne les avantages potentiels de cette dernière : versatilité vis-à-vis des différents types d’imagerie, déplacement stable dans les intestins, composé comme agent de contraste naturellement assimilable par le corps humain.

L’étude est consultable dans la revue Advanced Materials.

 


Zhang, Y., Wang, D., Goel, S., Sun, B., Chitgupi, U., Geng, J., Sun, H., Barnhart, T. E., Cai, W., Xia, J. and Lovell, J. F. (2016), Surfactant-Stripped Frozen Pheophytin Micelles for Multimodal Gut Imaging. Adv. Mater.. doi:10.1002/adma.201602373

Auteur : Jérémy Bouchez
Hinnovic.org

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