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Sclérose en plaques : la maladie du message nerveux

Des câbles électriques dénudés ou rongés. C’est la métaphore qu’on pourrait utiliser pour décrire la sclérose en plaques, une maladie inflammatoire du système nerveux central (cerveau, moelle épinière et nerf optique) très invalidante. Cette maladie est dite auto-immune parce  que le système immunitaire se retourne contre le corps et n’en tolère plus certains constituants.

 

 

Quand « les autoroutes de l’information nerveuse » ne sont plus protégées

Comme un câble de transport de données dont on attaquerait la gaine de protection, la sclérose en plaques se caractérise par une inflammation de la myéline, une substance graisseuse entourant les fibres nerveuses et les protégeant. Il se crée alors un durcissement ou la destruction de la couche protectrice des fibres nerveuses, un phénomène qu’on nomme démyélinisation qui survient sous forme de plaques visibles à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Pour les personnes atteintes, les symptômes sont nombreux en fonction des zones touchées, mais une très forte fatigue et des douleurs musculaires importantes sont ceux le plus souvent ressentis. Il existe 2 formes de la maladie. Une première forme dite « rémittente » faite de périodes de poussées et de rémission. C’est cette phase qui se déroule souvent en début de maladie. L’autre forme est appelée « phase secondairement progressive » et elle suit souvent la phase rémittente. Dans ce deuxième cas, plus de phases de rémission, la maladie est installée avec de graves séquelles pour la majorité des personnes atteintes. À noter que dans environ 15 % des cas, la maladie évolue d’emblée vers la phase sans périodes de rémission. Selon l’OMS, la sclérose en plaques touchait près de 2,3 millions de personnes dans le monde en 2013. Fait important, c’est au Canada que le taux de prévalence de la maladie est le plus élevé sur la planète avec 75 000 personnes atteintes.

Les causes de la maladie sont encore méconnues, en particulier les raisons qui poussent le système immunitaire à libérer des substances pour attaquer la myéline. Les spécialistes pensent que « le mode de vie ainsi que des facteurs environnementaux, génétiques et biologiques contribueraient à l’apparition de la sclérose en plaques », comme le mentionne sur sa page la Société canadienne de la sclérose en plaques.

Malgré le fait qu’il n’existe pas encore de traitements pouvant guérir les patients atteints de sclérose en plaques, la médecine moderne permet de limiter les impacts par l’intermédiaire de plusieurs approches :

  • Les traitements non médicamenteux consistent principalement en des séances de kinésithérapie voire même de yoga kinésithérapique visant à améliorer l’équilibre du patient, à renforcer certains muscles, à lutter contre la spasticité qui est une réaction exagérée et permanente du tonus musculaire ou encore à mieux contrôler les muscles sphinctériens. Les malades peuvent aussi renforcer leurs muscles à l’aide de séances d’isocinétisme, c’est-à-dire de la rééducation assistée par une machine, présentée ici dans cet article sur la sclérose en plaques sur le site français Allô Docteurs.
  • Les traitements médicamenteux, quant à eux, visent soit à ralentir les poussées entre les phases de rémissions, soit à moduler ou déprimer le système immunitaire. Dans le premier cas, le patient se voit prescrire des corticostéroïdes, qui agissent comme anti-inflammatoires. Dans le deuxième cas et pour simplifier, il s’agit d’empêcher le système immunitaire de s’attaquer à la myéline en réduisant fortement son action de défense de l’organisme. Bien sûr, cela entraîne des conséquences négatives compte tenu du fait qu’on diminue fortement la présence dans le sang des leucocytes (aussi appelé globules blancs), qui représentent la défense de l’organisme face aux virus ou encore aux cellules cancéreuses. À noter que le Sativex (Nabiximols aux États-Unis) est un médicament à base de cannabis qui permet de lutter contre la spasticité ou encore la vessie hyperactive. Il est cependant encore non commercialisé dans certains pays à cause de son statut de stupéfiant.

La recherche fondamentale est très active afin de mieux comprendre les origines de la maladie et d’en limiter les effets. Ces dernières années, plusieurs équipes de recherche ont annoncé des « découvertes majeures » comme celle du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, celle de l’Université de la Colombie-Britannique (sur la cause génétique) ou encore du côté du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM).

Auteur : Jérémy Bouchez
Hinnovic.org

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