Hinnovic » Une médecine de l’adolescence, pour faire mieux

Une médecine de l’adolescence, pour faire mieux

La médecine de l'adolescence, pour faire mieuxEn lisant un article du Forum, j’ai été intriguée par le fait que l’Université de Montréal allait mettre en place un programme de médecine de l’adolescence. Je n’avais jamais entendu parler de cette spécialité. En discutant avec ma collègue, nous nous sommes demandé si la société n’était pas en train de médicaliser l’adolescence, comme elle l’a fait pour la vieillesse.

 

Il est vrai que, qui dit adolescence, dit éveil à la sexualité avec ses conséquences potentiellement néfastes pour la santé physique et psychologique (infections transmissibles sexuellement, grossesse précoce). On pense également à l’exploration de substances illicites, au tabagisme, aux abus sexuels ou à l’exposition à différents types de violence par les pairs (intimidation, gangs de rue). Chez les adolescents d’Amérique du nord, le suicide est la deuxième cause de décès immédiatement après les accidents de la routes.

 

Pas facile d’être adolescent! Est-ce que cela justifie pour autant le développement d’une médecine spécifiquement adaptée pour eux? Il semble que OUI!

 

Déboulonner certains mythes

Les parents centraux pour la santé de leur adolescentAlors que les professionnels de la santé ont tendance à vouloir éclipser les parents lorsqu’ils interviennent auprès des adolescents, les médecins qui se spécialisent auprès de ce groupe défendent le contraire. Les parents sont centraux dans le maintien de la santé physique et mentale de leur adolescent. « La meilleure façon de soigner un adolescent est bien souvent de soigner sa famille », aux dires du Dr. Jean-Yves Frappier qui a accepté de nous accorder une entrevue.

 

Plusieurs pensent également qu’on ne peut pas traiter un jeune « qui ne veut rien entendre ». Karine Bertrand, psychologue et professeure aux programmes d’études et de recherche en toxicomanie de l’Université de Sherbrooke, s’objecte. Il faut être proactif auprès des adolescents. Bien qu’ils revendiquent leur autonomie, ils ont besoin qu’on leur tende la main et qu’on les guide vers des soins et de l’aide qu’ils ne cherchent pas spontanément d’eux-mêmes.

 

En fait, tel que souligné par l’ensemble de nos collaborateurs à ce dossier, ce qui distingue la médecine de l’adolescence des autres spécialités médicales, ce ne sont pas tant les connaissances, que les savoir-faire et les savoir-être. Être et agir auprès des adolescents est un art qui s’apprend et se développe et qui permet de maximiser les gains qu’en tireront les principaux intéressés.

 

Nous vous invitons donc à partager l’enthousiasme de nos collaborateurs qui nous expliquent pourquoi des approches adaptées aux adolescents sont bénéfiques, essentielles et encore trop peu accessibles. Le Dr. Mary Ott, de l’Université d’Indiana, démontre comment les adolescents peuvent et devraient être mis à contribution pour informer les politiques de santé publique sur les sujets qui les concernent. Consultant en éthique au Great Ormond Street Hospital de Londres, le Dr Vic Larcher, discute avec nuance de l’autonomie des adolescents dans les prises de décisions relatives à leur santé et leur droit à la confidentialité. Dr. Susan Sawyer, de l’Université de Melbourne, dresse le bilan des soins disponibles pour les adolescents aux prises avec une maladie chronique. Finalement, le Dr Elizabeth Alderman, du Albert Einstein College of Medicine, rappelle que plusieurs problèmes de santé qui affectent les adolescents pourraient être prévenus. C’est dans cette perspective qu’elle nous parle de la série d’interventions qu’elle a développées auprès des adolescents du Bronx.

 

Bonne visite!

Auteure : Myriam Hivon, Ph.D.
Hinnovic.org

 

Laisser un commentaire:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaires modérés. Les commentaires hors sujet seront effacés.

Email this to someoneTweet about this on Twitter0Share on Facebook0Share on LinkedIn0Print this page