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Les réseaux sociaux, lieu de propagande de l’anorexie ?

Des images de corps de femmes squelettiques, des clavicules très apparentes, des dos laissant apparaître clairement les vertèbres. C’est ce qu’a découvert sur certains réseaux sociaux une équipe de chercheurs dirigée par une psychologue de l’École de médecine de l’Université d’Exeter au Royaume-Uni.

Catherine Victoria Talbot et ses collègues ont analysé 734 images publiées sur les réseaux Twitter, Instagram et WeHeartit sous les mot-clics « bonespiration », « fitspiration » et « thinspiration » (qu’on pourrait littéralement traduire par « ospiration », «formeinspiration » et « minceurinspiration »). L’équipe de recherche à découvert du contenu qui vante et encourage la maigreur par la publication d’images de jeunes femmes avec des os saillants ou des parties de leurs corps qui ne laissent aucun doute quant à la maigreur de leur silhouette. Ces mots-clics (ou hashtag) sont utilisés par des milliers de comptes de réseaux sociaux.

De plus, alors que le mot-clic « fitspiration » est normalement associé à des images de corps en santé, plusieurs comptes sociaux ont publié des images de corps féminins anorexiques avec ce mot, assimilant ainsi l’extrême maigreur et l’anorexie avec le champ lexical d’une bonne santé physique. Les auteurs ont également relevé des photos de jeunes femmes anorexiques associées au mot-clic « thinspiration » sous lequel sont publiés des clichés de personnalités minces.

Les résultats de l’analyse de contenu montrent que, dans l’échantillon de 734 photos, 26 % montraient des hanches très dessinées, 23 % des côtes saillantes, 22 % des clavicules très apparentes et 6 % des colonnes vertébrales.

Selon Talbot et ses collègues, il est important de s’inquiéter de la portée de ces publications auprès des jeunes femmes, notamment par le fait que les réseaux sociaux qui les hébergent permettent un accès plus facile aux contenus qui encouragent des comportements liés aux troubles de l’alimentation, par rapport à des sites proanorexie traditionnels.

Parmi les solutions avancées pour lutter contre la publication de ces contenus, les auteurs suggèrent qu’« au lieu de se concentrer sur l’élimination de mots-clics comme thinspiration ou bonespiration, une solution plus durable consisterait à développer des interventions pour minimiser l’impact de l’exposition à ces contenus. Une méthode pourrait être de développer la résilience des jeunes face à ce type de contenu en utilisant des programmes d’éducation aux médias ».

RÉFÉRENCES

  • Talbot, C. V., Gavin, J., van Steen, T., & Morey, Y. (2017). A content analysis of thinspiration, fitspiration, and bonespiration imagery on social media. Journal of Eating Disorders, 5(1). https://doi.org/10.1186/s40337-017-0170-2

     

Auteur : Jérémy Bouchez
Hinnovic.org

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