Le quotidien en milieu hospitalier et les risques associés aux technologies médicales
Lors d’un voyage en Écosse, j’ai fait un plein d’essence. Quelques centaines de mètres plus loin, après que le moteur de la voiture lui-même me fasse comprendre mon erreur, ma première pensée a été : “au Canada, c’est impossible que ça arrive : le pistolet d’essence avec plomb n’entre tout simplement pas dans le goulot du réservoir d’une voiture qui roule sans plomb.” De tels dispositifs techniques planifiés, dont le terme “idiot-proof” capture assez bien le principe, existent heureusement dans le domaine de la santé.
Toutefois, les risques associés aux technologies médicales dépendent non seulement du quotidien en milieu hospitalier, mais aussi des interactions entre les multiples technologies qui s’y trouvent.
L’Institut américain ECRI (www.ecri.org), une organisation à but non lucratif spécialisée en évaluation d’appareils médicaux, a publié un guide décrivant les dix principales sources de risques associés à l’usage et à la gestion des technologies médicales.
|
Les dix principales sources de risques (ECRI, 2011)
|
||
Note: Pour dresser cette liste, ECRI considère la gravité du danger, sa fréquence, l’ampleur de ses conséquences et sa médiatisation éventuelle.
Lorsqu’on examine chacune des sources, il est frappant de constater que les risques dépendent dans une large mesure des routines cliniques, des aléas associés aux ressources humaines et à la charge de travail fluctuante et des contraintes pratiques et budgétaires.
Par exemple, certains appareils endoscopiques (no 4) peuvent être réutilisés sur plus d’un patient s’ils sont correctement stérilisés et remis en condition afin d’éviter toute contamination. Toutefois, si la procédure repose sur plusieurs étapes et demande d’attendre jusqu’à 30 minutes entre deux patients, certains intervenants peuvent être tentés d’accélérer le processus, au détriment du respect intégral du protocole de stérilisation. De son côté, l’inspection systématique des appareils avant leur usage (no 9) indique l’importance des procédures de routine. Le travail en salle d’anesthésie repose sur la coordination de plusieurs membres du personnel et il peut arriver qu’une personne pense qu’une autre a fait la vérification nécessaire. De plus, puisque de nouveaux équipements et dispositifs s’ajoutent régulièrement, les listes de vérification ne sont parfois plus à jour.
Outre le fait que ce guide nous rappelle que des technologies aussi banales qu’un connecteur de tube d’alimentation entérale (no 5) peuvent causer des accidents assez sérieux, il propose des moyens concrets pour réduire ces risques et protéger les patients. Le guide contient en effet des hyperliens donnant accès à des stratégies et des outils spécifiques à chacune de ses sources (affiches, logigrammes, vidéos, auto-évaluation, références professionnelles et scientifiques).
À sa lecture, on comprend qu’une bonne gestion des risques ne peut pas incomber aux seuls gestionnaires qui y sont affectés. Les cliniciens, les ingénieurs biomédicaux, les techniciens et les responsables des technologies de l’information doivent tous être mobilisés. Alors que l’informatique occupe une place croissante dans les établissements de santé et que les dispositifs médicaux eux-mêmes comportent de plus en plus de composantes informatiques, la mise à jour des logiciels peut entrainer des problèmes d’interopérabilité (no 5). Les changements devraient donc s’effectuer par étape, en testant d’abord en “mode laboratoire” leurs effets sur les autres systèmes. Par exemple, si des données sont partagées entre un dossier médical informatisé, le service de pharmacie qui exploite des codes à barres pour préparer et livrer les médicaments et un moniteur sur lequel des images radiologiques peuvent être lues, ces tests nécessitent la collaboration d’un grand nombre d’intervenants.
Enfin, on constate que les dispositifs techniques planifiés qui visent explicitement à réduire les erreurs humaines peuvent aussi s’avérer une source de problèmes. Que les alarmes automatiques des pompes programmables et des moniteurs arrivent en tête de liste semble presque ironique puisque celles-ci reposent sur une logique de prévention qui est imbriquée à même la technologie. Le personnel soignant, à force d’entendre et de devoir réagir à des alarmes importunes, développe non seulement une lassitude, mais peut également tenter de modifier leurs paramètres ou les désamorcer complètement. En fait, la liste dans son ensemble indique que le design des appareils eux-mêmes est central et qu’il doit être mûrement réfléchi et testé en fonction des conditions réelles —quotidiennes— d’usage. Un design efficace ne doit pas uniquement présumer que l’usager peut parfois être “idiot”, il doit surtout lui permettre de ne pas le devenir.
| Auteure : | Pascale Lehoux, Ph.D. Hinnovic.org |
RÉFÉRENCES
-
Pour se procurer le rapport et les outils développés par ECRI: https://www.ecri.org/Forms/Pages/ECRI-Institutes-2012-Top-10-Health-Technology-Hazards.aspx





1 - From : Raymond Côté (9 May 2012)
Je suis étudiant en technique de stérilisation au CEGEP St-Laurent
Bonjour, je me nomme Raymond et je suis étudiant en technique de stérilisation au Collège St-Laurent. Je suis en 2e session, et nous commençons a toucher aux appareils de désinfection et de stérilisation. Afin de parfaire mes connaissances académiques, j’aimerai savoir s’il vous est possible de me faire parvenir de la documentation, à propos des différents appareils que vous produisez ainsi que les produit qu’ils utilisent. Toute information serais la bienvenue. Je laisse à votre discrétion le choix du médium (pdf ou imprimé), bien que je prévilégie la lecture sur du papier, toute aide que je pourrai recevoir sera la bienvenue.
Je vous remercie à l’avance, ne serais-ce que pour le temp que vous accorderez à la lecture de ma requête, que vous y répondiez ou non.
Bonne chance à votre entreprise.