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Le développement de la chirurgie à distance

Télémédecine et ChirurgieLa télémédecine est un concept général de médecine à distance qui inclut diverses applications médicales se basant sur des technologies de communication et d’informatique. Historiquement, la première utilisation d’une image à distance pour la prise en charge de patients remonte à 1959; le psychiatre était physiquement séparé de ses patients et situé à une cinquantaine de kilomètres. L’expérience était en circuit de télévision fermé et l’éloignement du thérapeute avait justement un but thérapeutique.

 

En Suisse, ce sont principalement des compagnies qui pratiquent la télémédecine comme moyen de diagnostic à distance, généralement par téléphone afin d’éviter des consultations dans les services d’urgence ou chez les médecins généralistes. Ces compagnies emploient des médecins qui se basent sur des listes de vérification permettant d’approcher un diagnostic et surtout d’éliminer une suspicion de diagnostic grave qui nécessiterait une consultation chez un médecin voire une hospitalisation.

 

Les débuts : monitoring à distance des signes vitaux des astronautesUn autre chapitre de la télémédecine concerne les consultations à distance dues à l’éloignement, soit en raison de conditions climatiques rigoureuses et de la distance comme dans le grand nord suédois, soit lors de missions extrêmes dans les régions polaires ou en altitude ou alors dans la recherche spatiale. Rappelons que le rythme cardiaque des premiers astronautes américains était contrôlé à distance depuis la terre par des électrocardiogrammes à ondes courtes.

 

Les applications de la télémédecine pour la chirurgie comprennent également des consultations à distance mais aussi des consultations intra-opératoires. Plus généralement, toutes les technologies de l’information utilisant l’informatique et l’image vidéo peuvent être utilisées en télémédecine chirurgicale. La réalité virtuelle et les télémanipulateurs sont devenus également une forme de télémédecine.

 

Rappelons que l’équipe du Professeur Marescaux a réalisé la première opération transatlantique par robot télémanipulateur. En effet, le 7 septembre 2001, lui et son équipe ont opéré depuis New York une patiente située à l’hôpital universitaire de Strasbourg. Cette percée technologique utilisant les derniers moyens modernes de l’information et de la télécommunication n’a pas eu de suites chirurgicales directes, mais a permis la poursuite de la recherche sur l’évolution des techniques à distance qui comprend le développement de la robotique et de toutes les formes de chirurgies minimalement invasives.

 

     
 

Chirurgie endoscopique par orifices naturelsLes opérations de chirurgie minimalement invasive sont entrées dans la routine également pour des opérations traitant le cancer et ce, depuis une quinzaine d’années. Depuis 2007, la recherche chirurgicale se développe en collaboration avec la recherche en endoscopie et vise à réaliser des interventions chirurgicales en passant par les orifices naturels du patient (NOTES, Natural Orifice Translumenal Endoscopic Surgery). Ainsi, des opérations transgastriques, transvaginales ou transrectales ont été développées et expérimentées à partir de modèle animal, sur des cadavres humains et, depuis le printemps 2007, également sur des patients.

 
     

 

Toutes ces technologies vont continuer à se développer et la télémédecine appliquée à la chirurgie comprendra non seulement l’utilisation de télémanipulateurs robots mais également des applications de réalité virtuelle permettant de simuler l’opération pour un patient donné à partir de ces images de radiologie.

 

Télémédecine, télémanipulateur et réalité virtuelleLa difficulté actuelle qu’il faudra résoudre est la déformation de l’organe opéré au cours de l’intervention chirurgicale due aux manipulations du chirurgien. Des modèles mathématiques et des approches diverses devraient permettre de résoudre ce problème et ainsi, de pouvoir planifier des opérations à la carte pour un patient donné et pour une maladie donnée en se basant sur l’imagerie préopératoire.

 

Il s’agit bien entendu de développements d’avenir mais les premiers essais sont en cours dans plusieurs hôpitaux de par le monde.

 

Auteur : Nicolas Demartines, MD
Professeur et Chef de service
Département de Chirurgie Viscérale
Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

 

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