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La complexité de développer et d’implanter des solutions simples

La complexité de développer et d'implanter des solutions simplesDans un dossier antérieur sur le design, nous soulignions que ce n’est pas parce que les objets qui nous sont familiers semblent fonctionnels et logiquement adaptés à nos habitudes, qu’ils doivent absolument être tels qu’ils sont. Ils pourraient prendre une toute autre forme qui tiendrait compte d’une toute autre réalité. Il en va ainsi de la chemise d’hôpital. Qui n’a pas eu, une fois dans sa vie, à revêtir ce vêtement ?

 

Levez la main, ceux qui ont aimé l’expérience ? Non seulement la chemise d’hôpital nous transforme-t-elle en patient, un rôle peu recherché, mais elle est moche, difficile à attacher et expose aux regards d’autrui de grands pans de notre intimité et ce, peu importe le volume de notre corps. N’y a-t-il vraiment aucun moyen de faire autrement? Et bien oui. C’est du moins, ce qu’a démontré Noémi Marquis, diplômée en design industriel de l’Université de Montréal sous la supervision de son professeure, Denyse Roy.

 

Les requis du buandier doivent être considérésL’aventure a commencé il y a cinq ans et se poursuit. Cinq année pour mettre au point un objet qui semble si simple a priori! C’est qu’elle passe entre plusieurs mains cette chemise : le patient, le personnel médical, le buandier. Tous ces acteurs ont des contraintes et des exigences dont il faut tenir compte. La chemise doit s’ajuster à tous les gabarits de patient, se mettre et s’enlever sans besoin de mode d’emploi. Tout en préservant l’intimité et la dignité des patients, elle doit permettre au personnel soignant de conserver un accès facile au corps. Comme la chemise d’hôpital passe plus de temps chez le buandier que sur le patient, elle doit également ne pas augmenter les coûts reliés à son entretien: pas d’attaches métalliques ou plastiques, tissus léger et comportant un minimum de coutures. Résultat : la « Duo », soit deux demi-chemises que l’on enfile, une à l’avant, l’autre à l’arrière ou vice et versa, pas d’erreur possible.

 

Tout le monde est ravi! Enfin une alternative qui remplit ses fonctions tout en préservant la dignité du patient! Pourtant, on estime qu’il faudra encore cinq à dix ans avant que la chemise d’hôpital ne soit complètement implantée dans les établissements de soins au Québec. Pourquoi attendre encore si longtemps? Parce qu’il faudra d’abord convaincre chaque buandier desservant un hôpital de réviser son contrat d’approvisionnement puis, chaque service de l’établissement. Une fois leur participation acquise, il faudra former le personnel à l’utilisation de la chemise et trouver des façons d’informer les patients (Référence : La révolution de la chemise d’hôpital). Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que « des objets qui nous sont familiers » sans nécessairement constituer la solution optimale, restent souvent tels qu’ils sont…

Auteure : Myriam Hivon, Ph.D.

 

Un commentaire

  1. denis boulet dit :

    moi à chaque fois que je vais dans un hôpital je remarque c’est drôle de vêtement que les patients portent.Ce genre de chemises qui sont attachées par en arrière et que tout le monde se promène en essayant de se cacher le derrière.Pourquoi ici au Québec ne font ils pas comme u.s ils sont attachés par en avant c:est plus facile à attacher et on voit moins de personne à nous montrer leur derrière sans le vouloir;merci

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