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La tomographie par cohérence optique pour mieux enlever les tumeurs du cerveau

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Une illustration de la technique de la Tomographie par cohérence optique – Crédit : Carmen Kut, Jordina Rincon-Torroella, Xingde Li and Alfredo Quinones-Hinojosa/Johns Hopkins Medicine

Quand ils sont amenés à opérer un patient atteint d’une tumeur du cerveau, les neurochirurgiens ont souvent l’impression de marcher sur une corde raide. Quelques millimètres cubes de cerveau enlevés en trop et le patient pourrait se retrouver avec des lésions graves. À l’inverse, quelques millimètres cubes de tissu cancéreux manqués et la tumeur reprend son expansion.

C’est dans le but de grandement améliorer la précision des opérations visant à enlever des tumeurs au cerveau qu’une équipe de la Johns Hopkins University a adapté une technique d’imagerie médicale appelée Tomographie par cohérence optique (Optical coherence tomography en anglais ou OCT). Utilisée depuis une vingtaine d’années pour obtenir des images détaillées de la rétine, elle met en jeu le même principe que le système d’écholocation qui sert aux chauves-souris pour se repérer, sauf qu’il s’agit de lumière infrarouge et non d’ondes sonores.

Les chercheurs ont en premier lieu tenté de se baser sur la différence de densité des cellules cancéreuses par rapport aux cellules saines, ces dernières étant moins denses. Cependant, après plusieurs années de recherche, l’équipe a découvert qu’il était bien plus précis de tenir compte de l’absence de myéline autour des cellules tumorales. Cette technique permet donc de dresser une carte en couleur des zones affectées qui diffractent et réfléchissent les ondes lumineuses. Après traitement de l’algorithme par un ordinateur, l’imagerie fait apparaître en rouge les zones affectées et en vert les zones saines. L’avantage de cette technique par rapport à un appareil à imagerie par résonnance magnétique (IRM) est qu’elle coûte beaucoup moins cher, plusieurs millions de dollars pour l’IRM versus quelques centaines de milliers pour un futur appareil OCT. De plus, l’équipe qui opère pourra obtenir un scan des zones affectées et non affectées pratiquement instantanément.

L’équipe du Dr Carmen Kut a pour le moment réalisé des tests sur des souris atteintes de tumeurs au cerveau et sur des tissus humains du cerveau, mais les premiers essais sur des patients atteints de tumeurs devraient se dérouler à l’été 2015.

Voici le résumé de l’étude parue dans la revue Science Translational Medicine.

 

Auteur : Jérémy Bouchez Hinnovic.org

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