La télémédecine
Pouvoir consulter un professionnel de la santé alors que celui-ci ne se trouve pas physiquement dans la même pièce est devenu une pratique de plus en plus courante. La télémédecine, qui est l’exercice de la médecine à distance à l’aide de moyens de télécommunication, permet en effet aux patients situés en régions éloignées d’avoir accès à des soins médicaux et à des services sociaux sans avoir à se déplacer. La télémédecine est donc un excellent moyen d’améliorer l’accès aux services de santé car elle permet d’éviter les transferts inutiles et favorise la collaboration entre les professionnels de la santé.
En ce qui concerne les applications de la télémédecine, il est possible de l’utiliser pour un grand nombre de spécialisations médicales allant de la médecine interne à la chirurgie en passant par la dermatologie et la radiologie (une liste plus exhaustive est disponible sur le site du Réseau québécois de télésanté). Il est intéressant de noter que les psychologues, les orthophonistes, les ergothérapeutes, les infirmières et bien d’autres professionnels de la santé peuvent avoir recours à la télémédecine dans leurs pratiques.
Du côté technique, il est nécessaire de disposer au minimum d’un ordinateur, d’une caméra web et d’une connexion internet à haut débit pour effectuer une téléconsultation. Néanmoins, il existe certains appareils plus sophistiqués qui permettent d’aller encore plus loin dans les applications de la télémédecine (comme un stéthoscope numérique par exemple) ou encore des systèmes de visioconférence intégrés qui permettent le branchement de scanners, d’appareils à ultrasons et microscopes entre autres.
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Quelques définitions… La télésanté est un mode de prestation de soins et de services de santé et de services sociaux, préventifs ou curatifs, de réadaptation ou palliatifs, rendu à distance par télécommunication. Elle inclut les échanges audiovisuels à des fins d’information, d’enseignement et de recherche ainsi que le traitement de données cliniques et administratives. La télémédecine comprend en général le diagnostic à distance et l’assistance dans l’application d’une mesure thérapeutique. Les définitions suivantes permettent de mieux comprendre les différentes façons de pratiquer la télémédecine :
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Enjeux de la télémédecine
L’utilisation des nouvelles technologies en médecine permet de rapprocher les patients situés en zones éloignées des professionnels de la santé sans que ceux-ci soient physiquement présents auprès du patient. Toutefois, pour que ces consultations « virtuelles » se fassent dans le respect du code de déontologie de la pratique médicale, il faut prendre en considération plusieurs facteurs comme le lieu où se pose l’acte médical, la confidentialité de la consultation mais aussi la sécurité des données du dossier médical du patient. De plus, comme la télémédecine permet d’ouvrir les frontières et de faire appel à l’expertise d’un collègue situé dans un autre pays, il est nécessaire de se poser la question de la responsabilité du praticien. Il est important en effet de savoir si l’acte médical doit répondre aux normes et au code de déontologie du pays (ou de la région) où se trouve le patient ou bien de l’endroit où se trouve le médecin.
Pour faire face à cette situation, le Collège des médecins du Québec s’est prononcé sur la question et considère que l’acte médical est posé là où se trouve le professionnel consulté. Néanmoins, dans d’autres provinces canadiennes et d’autres pays, le lieu juridique de l’acte médical est celui où se trouve le patient. Dans le cas où le patient et le médecin se trouvent dans deux régions qui n’ont pas adopté la même position, comment sera déterminée la question de la responsabilité de l’acte médical?
Par conséquent, si les avantages de la télémédecine ne sont plus contestés, il reste encore plusieurs questions à étudier. Que sait-on par exemple de l’impact de la télémédecine sur le système de santé? Au niveau économique, il ressort que compte tenu des coûts d’acquisition des technologies nécessaires au développement d’un système de télémédecine, un nombre minimum d’utilisateurs est requis afin d’en assurer la rentabilité. Mais quelques problèmes restent encore à régler, comme par exemple la rémunération des professionnels de la santé pour les actes de télémédecine, et peu d’analyses économiques ont été effectuées. Comment peut-on dans ce cas évaluer les coûts de la télémédecine?
Ce mois-ci, nous présentons dans notre dossier les principales applications de la télémédecine et nous nous penchons sur les impacts de la télésurveillance à domicile sur l’état de santé des patients ainsi que de la téléréadaptation sur les pratiques cliniques.
| Auteure : | Pauline Boinot, M.Sc. |
RÉFÉRENCES
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Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS) (2009), Revue systématique de la télésurveillance à domicile dans le contexte du diabète, des maladies pulmonaires et des maladies cardiovasculaires, Rapport préparé par Guy Paré, Khalil Moqadem, Gilles Pineau et Caroles St-Hilaire
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Collège des médecins du Québec (2000), Énoncé de position sur la télémédecine
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Ministère de la Santé et des Sports (2008), Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins, La place de la télémédecine dans l’organisation des soins, par Pierre Simon et Dominique Acker
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Pérodeau F. (2008), La télémédecine : enjeux juridiques et déontologiques, Barreau du Québec, Tendances en droit de la santé





