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Impliquer les utilisateurs dans la conception de technologies médicales, pour ou contre?

Impliquer les utilisateurs dans la conception de technologies médicales, pour ou contre?Si vous aviez été consulté lors de la conception de la chemise d’hôpital, auriez-vous suggéré qu’elle s’attache par l’arrière? Cette ouverture, souvent embarrassante pour les patients, facilite toutefois le travail des professionnels de la santé. Deux types d’utilisateurs d’une même technologie, deux points de vue différents sur sa conception.

 

Est-il possible de réconcilier ces points de vue? Est-il toujours faisable ou même souhaitable d’impliquer les utilisateurs dans la conception des technologies médicales?

 

De telles questions ont suscité des discussions très animées lors d’un atelier d’échange organisé par l’équipe Hinnovic en juin 2012. L’atelier réunissait des concepteurs de technologies (ingénieurs, entrepreneurs, designers), des experts en valorisation, des cliniciens et des représentants d’organismes dont la mission est de soutenir les patients qui sont en contact fréquent avec des technologies. Si tous s’entendaient sur la pertinence d’impliquer les utilisateurs dans la conception de technologies médicales, ils ont néanmoins mis en évidence un certain nombre de limites et d’obstacles.

 

D’abord, qui sont les utilisateurs pertinents à consulter? Quand et comment les consulter? Quel rôle les concepteurs souhaitent-ils voir les utilisateurs jouer? Et quels défis de collaboration rencontre-t-on de part et d’autre?

 

Hinnovic vous invite à découvrir quelques éléments de réponse et à poursuivre le débat.

 

Dans ce dossier

  • À travers la petite histoire de la radiologie, Olivier Demers-Payette, candidat au doctorat en santé publique à l’Université de Montréal, raconte le rôle changeant des utilisateurs dans l’évolution de cette technologie.

  • Marc Wysocki, médecin et directeur médical chez GE Healthcare, partage son expérience de concepteur de technologies médicales.

  • Philippe Jouvet, professeur agrégé de clinique au département de pédiatrie du CHU Sainte-Justine pose un regard d’utilisateur sur le développement d’un système d’assistance respiratoire informatisé.

  • Hinnovic présente les résultats d’une étude britannique sur les croyances et attitudes de manufacturiers d’équipements médicaux relativement à l’implication des utilisateurs dans la conception des innovations.

  • Jorge Silva démontre comment l’innovation ouverte, qui laisse une large place aux utilisateurs, peut révolutionner la conception et le développement des aides techniques.

 

À voir ou revoir, lire ou relire

Auteure : Myriam Hivon, Ph.D.
Hinnovic.org

 

2 commentaires

  1. Roland C. HOUESSOUVO dit :

    Bonjour,
    tout le plaisir est pour moi de commenter cet article.

    En ma qualité d’Ingénieur génie clinicien, j’apprécie déjà le fait que les différents acteurs ayant participé à l’atelier d’échange organisé par l’équipe Hinnovic en juin 2012 se sont entendus <>.

    En effet, selon l’OMS, il y a plus d’un million et demi de technologies médicales réparties en plus 10.000 génériques. Pour l’EXPLOITANT des technologies médicales, il faut viser une utilisation optimale et sécuritaire pour le bien patient et son environnement. Il se dégage un objectif spécifique qu’est – Utilisation optimale et sécuritaires- poursuivi par un trio dont l’EXPLOITANT – UTILSATEUR – PATIENT. Faudrait-il d’abord stratifier les technologies médicales avant de mieux cerner par ordre d’importance le niveau d’implication et les étapes d’implication des UTILISATEURS dans la conception de technologies médicales (CTM).

    Nous voulons d’abord évoquer la question d’efficacité globale attendue d’une technologie médicale en milieu hospitalier. Les analyses nous amènent à constater que l’efficacité globale (EG) a deux composantes à savoir l’efficacité intrinsèque(EI) et l’efficacité réelle (ER). Le fait d’impliquer les utilisateurs dans la conception de technologies médicales va beaucoup contribuer à réaliser l’efficacité réelle. Cela ne peut pas quand même remplacer la formation des UTILISATEURS.

    Pour poursuivre le débat, voici nos éléments de réponse et commentaires sur les différentes questions posées durant l’atelier.

    A) Qui sont les utilisateurs pertinents à consulter?

    Réponse: Les utilisateurs pertinents à consulter vont dépendre de la classe clinique (la criticité) de la technologie médicale. Pour un hôpital donné, nous proposons de particulariser les consultations en fonction du tableau de morbidités.

    B) Quand et comment les consulter?

    Réponse : Une technologie médicale doit répondre à des besoins cliniques spécifiés. Les utilisateurs doivent être consultés sur toutes les étapes de la conception de la technologie médicale. Pour les consulter, nous proposons de partir des tableaux de morbidités, du taux de fréquentation des patients, tenir compte du taux de roulement des utilisateurs dans un hôpital donné ou dans un système de santé donné.

    C) Quel rôle les concepteurs souhaitent-ils voir les utilisateurs jouer?

    Réponse : C’est une question stratégique. Car certaines études ont mis en évidence des durées d’utilisation relativement courtes des technologies médicales de type dispositifs médicaux. C’est-à-dire, un renouvellement très rapide de l’innovation médicale. <>. Le concepteur est un entrepreneur qui veut des profits et l’exploitant met la technologie à la disposition des Utilisateurs au service des patients. Donc en réalité, la question quel rôle les utilisateurs vont jouer a double influence à savoir :
    a) des influences qui viendront de l’exploitant qui est payeur de la technologie médicale ;
    b) des influences qui viendront du concepteur qui est vendeur de technologie médicale.
    C’est deux sources d’influence peuvent être filtrées par l’ingénierie biomédicale sur place dans l’hôpital.

    Raisonnons maintenant sous un autre angle.

    1) Le rôle des utilisateurs avant la conception de technologie médicale est de définir un cahier de charges en fonction des besoins pour satisfaire la demande des patients.
    2) Le rôle des utilisateurs après la conception de la technologie médicale est de la consommer à fond afin de prouver ses limites pour les défis à relever pour satisfaire la demande des patients. Le rôle ce niveau permet de faire avancer la technologie et l’innovation en technologie médicale, tout en respectant un principe d’exploitation optimale et intégrée du plateau technique.

    D) Quels défis de collaboration rencontre-t-on de part et d’autre?

    Réponse : Les défis de collaboration sont à notre avis de sept (7) sortes à savoir ;
     purement technique ;
     purement clinique (pour faire face aux maladies émergentes dont les chroniques non transmissibles) ;
     technico-clinique ;
     sociale ;
     économique ;
     démographique;
     politique.

    Autre questionnement

    Comment peut estimer respectivement la contribution de l’EI et de l’ER à l’EG pour garantir une utilisation optimale et sécuritaire d’une technologie médicale donnée ?

    Ne faudrait-il pas impliquer aussi les EXPLOITANTS pour une CONCEPTION de l’innovation orientée en tenant compte du mode de financement des technologies médicale ?

    Merci pour notre début de collaboration.

    Roland C. HOUESSOUVO
    Lecturer in the Department of Biomedical Engineering, EPAC/UAC BENIN
    Ing. (M.Sc.A.) Biomedical/Clinical Engineering Option University of Montreal
    Senior Technician Industrial Engineering and Maintenance
    Degree in Technical Industrial/Mechanical Manufacturing Option
    Phones: (+229) 66 24 14 69 ou (+229) 95 84 49 27).

    • HOUESSOUVO C. Roland dit :

      Merci pour les idées partagées et que le meilleur des meilleurs soit des nôtre en 2015.
      Roland C. HOUESSOUVO

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