Hinnovic » Jusqu’où la médecine fera-t-elle de nous des « humains améliorés »?

Jusqu’où la médecine fera-t-elle de nous des « humains améliorés »?

L'humain amélioréDu café pour se réveiller, des médicaments pour améliorer ses performances cognitives, une chirurgie pour rajeunir notre apparence physique ou encore sélectionner les embryons en fonction de critères de santé. Toutes ces opérations ont en commun de pouvoir améliorer nos performances, but que l’être humain a toujours poursuivi.

 

En effet, depuis longtemps des moyens ont été pris pour que nous soyons plus forts ou plus intelligents. Cela peut passer par l’éducation, l’entraînement physique ou intellectuel et plus récemment par des opérations chirurgicales. Avec le développement des nouvelles technologies et des progrès en médecine, les possibilités d’amélioration semblent être plus nombreuses et pas si futuristes. Comment ces découvertes sont-elles acceptées par la société? Faut-il s’en inquiéter ou au contraire s’en réjouir?

 

Qu’est-ce que l’amélioration humaine?

D’après l’unité d’évaluation en sciences et technologies du parlement européen, l’amélioration humaine pourrait se définir comme étant les « modifications ayant pour but d’améliorer les performances humaines individuelles et qui ont été faites par des interventions sur le corps humain, basées sur la science ou la technologie » (European Parliament, 2009: 8). En général, la notion d’amélioration s’oppose à celle de thérapie si l’on considère que le but d’une thérapie est de réparer quelque chose qui ne s’est pas déroulée comme il faut à travers la guérison d’une maladie ou d’une blessure. L’amélioration comprendrait donc les interventions visant à améliorer l’état de santé et de bien-être d’une personne au-delà de son état normal (Bostrom & Roache, 2007: 1).

 

Aussi des amélioration basées sur la génétique...Plusieurs domaines d’interventions pourraient être considérés comme des sources d’améliorations humaines (la chirurgie esthétique ou les prothèses pour les personnes handicapées), mais la majorité des auteurs qui s’intéressent au sujet étudient plutôt les questions se rapportant à l’augmentation de la durée de vie, aux améliorations physiques, cognitives ou de l’humeur ainsi qu’aux interventions prénatales (la sélection d’embryons).

 

Un exemple d’amélioration connu de tous est le dopage sportif qui permet à un athlète d’augmenter sa performance physique en consommant des médicaments. Cette forme de « dopage » est aussi pratiquée pour améliorer les capacités cognitives d’un individu. La prise de médicaments destinés au départ aux personnes ayant des troubles du déficit de l’attention, comme le Ritalin®, par des personnes en santé, aurait un effet bénéfique sur la concentration (Elliot, 1997).

 

Beaucoup de questions sur les enjeux de l’amélioration humaine

Dans un premier temps, il peut être pertinent de se demander ce qui est considéré comme un état normal. Par définition, le mot « normal » se  réfère à ce qui est conforme à la règle ou qui est dans un état habituel. Sans pour autant se lancer dans des explications philosophiques, le concept de normalité est assez subjectif et dépend de chaque individu mais aussi de chaque culture. Dans le cas des améliorations cognitives, boire du café pour se réveiller est considéré comme une pratique normale, alors que prendre des médicaments pour avoir de meilleurs résultats n’est pas encore devenu la norme.

 

Les améliorations des performances humaines sont-elles toutes mauvaises?

Les améliorations des performances humaines sont-elles toutes mauvaises?Pour répondre à cette question, certains chercheurs en éthique pensent qu’il faut regarder l’impact sur la société que pourrait avoir une amélioration. Si l’augmentation des performances cognitives permet d’augmenter le niveau général d’éducation de la population, il n’y aurait pas de raisons de s’en priver. Mais si ce progrès est atteint en avalant tout simplement une petite pilule, que va-t-il se passer avec la notion d’effort? De plus, comment savoir si ces médicaments sont sécuritaires lorsqu’utilisés sur des personnes en santé et n’auront pas d’effets négatifs à long terme?

 

Quelles seraient les conséquences de l’amélioration des performances humaines sur la société? A-t-on raison de s’inquiéter? Faut-il imposer des barrières? Qu’en pensez-vous? Dans ce dossier sur l’amélioration humaine, l’équipe d’Hinnovic vous invite à participer à ce débat passionnant.

 

Auteure : Pauline Boinot, M.Sc.

 

RÉFÉRENCES

  • J. Ryberg, T.S. Petersen, C. Wolf, eds, 2007, New Waves in Applied Ethics, Palgrave MacMillan.

  • R. Elliott, et. al., “Effects of Methylphenidate on Spatial Working Memory and Planning in Healthy Young Adults”, Psychopharmacology 131/2 (1997): 196-206.

  • European Parliament (2009), Science and Technology Options Assessment, Human Enhancement, Study

Un commentaire

  1. Cédric dit :

    Toute chose est bonne ou mauvaise selon son utilisation par l’homme. L’amélioration de l’homme est a priori une bonne chose. Il en est également ainsi de l’évolution des nouvelles technologies. Toutefois, si l’on ne fixe pas les limites, il est fort possible que l’amélioration conduise à une dégénérécence. Pour ce qui est des nouvelles technologies, ils nous facilitent la vie. Toutefois, la notion d’effort tend à disparaître et résultat, tous les américains sont obèses, l’air que nous respiront devient irrespirable.

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